
Centreon revient souvent dans les discussions en France, notamment dans le secteur public et les grands comptes — logique, c’est un éditeur français, basé à Toulouse, avec une présence commerciale locale forte. Zabbix, letton et purement communautaire à l’origine, est moins visible commercialement en France mais tout aussi installé techniquement. Voici ce qui les distingue vraiment, au-delà de la nationalité.
Le modèle économique
Centreon propose une version open source (Centreon IT-100) et des éditions commerciales (Business Edition) avec support, haute disponibilité et fonctionnalités avancées incluses. Zabbix est intégralement open source et gratuit — y compris la haute disponibilité et les fonctionnalités avancées — le modèle économique de Zabbix SIA repose sur le support et la formation, pas sur des fonctionnalités verrouillées.
Concrètement : avec Centreon, monter en fonctionnalités avancées implique souvent de passer à une édition payante. Avec Zabbix, tout est disponible dès le départ ; le coût se déplace entièrement vers l’intégration et la compétence interne.
L’écosystème et le support en français
Centreon a un avantage réel ici : documentation en français, support technique localisé, communauté d’intégrateurs français établie. Pour une équipe qui veut un support téléphonique en français avec un interlocuteur unique, c’est un argument concret. Zabbix a une communauté internationale très active mais l’essentiel des ressources est en anglais — un frein réel pour certaines équipes.
La supervision réseau et la découverte automatique
Les deux gèrent bien la découverte réseau, mais avec des philosophies différentes. Zabbix mise sur des templates et une découverte low-level (LLD) très flexible, capable de générer dynamiquement des items et des triggers selon ce qui est détecté. Centreon s’appuie historiquement sur les plugins Nagios (Centreon Plugins), avec un écosystème de sondes très large et une prise en main souvent jugée plus intuitive pour les équipes venant de Nagios.
La scalabilité multi-sites
Les deux sont conçus pour du multi-sites via des architectures distribuées (proxies pour Zabbix, pollers pour Centreon). Zabbix a un léger avantage sur les très gros volumes (dizaines de milliers d’équipements) grâce à des mécanismes de cache et d’agrégation plus matures pour la volumétrie extrême. Pour la grande majorité des entreprises françaises, cette différence n’est pas déterminante.
Notre lecture
Centreon est un choix solide si le support en français et l’accompagnement par un éditeur local pèsent lourd dans la décision — c’est légitime, en particulier pour des équipes sans ressource technique pointue en interne. Zabbix reste notre choix par défaut pour les infrastructures moyennes à grandes où la flexibilité, le coût total sur plusieurs années et l’absence de verrouillage fonctionnel priment sur le confort d’un support localisé.
Pour aller plus loin : Comparatif complet des outils de supervision · Zabbix en France en 2026
Aucun des deux n’est un mauvais choix. La question à trancher est celle du support : préférez-vous payer pour un accompagnement éditeur local, ou investir dans une compétence interne durable ?